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Nuit Dehors

Comprendre · Bivouaquer

Premier bivouac : tout comprendre avant de partir

Ce qu'est vraiment un bivouac, ce que la loi autorise, où aller pour commencer, le minimum à emporter et comment se passe la nuit.

Publié le 7 min de lecture

Randonneuse debout près de sa petite tente au lever du soleil, face à une montagne enneigée

Un premier bivouac, c’est une nuit dehors, en autonomie, avec ce que vous portez sur le dos. Ce n’est ni de l’alpinisme ni du camping : c’est une marche ordinaire qui se prolonge jusqu’au lendemain matin. La difficulté n’est pas technique, elle tient à trois choses : savoir où c’est autorisé, emporter le bon minimum et accepter de mal dormir la première fois.

Bivouac ou camping sauvage : la distinction qui compte

Les deux mots ne désignent pas la même pratique, et c’est cette différence qui fait que l’une est souvent tolérée et l’autre souvent interdite. Le Parc national des Écrins définit le bivouac comme « le fait de s’installer, sous tente ou à la belle étoile, le temps d’une nuit dans la nature ». Le camping suppose de rester : plusieurs nuits au même endroit, du matériel lourd, une installation visible.

C’est pourquoi la plupart des parcs nationaux écrivent noir sur blanc que le camping est interdit en cœur de parc, tout en autorisant le bivouac dans une fenêtre horaire précise, en général de 19 h à 9 h, et à plus d’une heure de marche d’un accès routier. L’Office national des forêts emploie la même logique en forêt de la Grande Chartreuse : « Le bivouac est toléré dans la forêt (mais pas dans la réserve naturelle), sous réserve de respecter certaines règles : s’installer en fin de journée seulement, être reparti au petit matin, ne pas faire de feu et ne laisser aucune trace (déchets) derrière soi. »

Retenez la règle de conduite qui découle de tout cela : arriver tard, partir tôt, une seule nuit, aucune trace.

Ce que dit la loi, en deux minutes

L’article R111-32 du code de l’urbanisme pose le principe : « Le camping est librement pratiqué, hors de l’emprise des routes et voies publiques, dans les conditions fixées par la présente sous-section, avec l’accord de celui qui a la jouissance du sol, sous réserve, le cas échéant, de l’opposition du propriétaire. » Autrement dit, il faut l’accord du maître des lieux, et le bord de route est exclu d’emblée.

L’article R111-33 interdit ensuite le camping pratiqué isolément dans plusieurs zones, sauf dérogation : sur les rivages de la mer, dans les sites inscrits et les sites classés, dans le périmètre des sites patrimoniaux remarquables et aux abords des monuments historiques, et dans un rayon de 200 mètres autour des points d’eau captée pour la consommation. L’article R111-34 ajoute que le maire peut l’interdire par arrêté, et que ces interdictions ne sont opposables que si elles sont affichées en mairie et signalées aux accès habituels des zones concernées.

Le détail des interdictions, des sanctions et des cas particuliers est repris dans le guide sur la réglementation du bivouac en France, et parc par parc dans celui sur le bivouac en parc national. Vérifiez toujours auprès de la mairie ou du gestionnaire du site avant de partir : la règle change d’une commune à l’autre.

Où aller pour une première nuit

Le bon terrain de débutant est un lieu où l’autorisation ne fait pas de doute, où l’on peut redescendre à pied en une heure si la nuit tourne mal, et où l’on n’est pas seul au monde. Trois pistes fonctionnent bien.

Les aires de bivouac aménagées, d’abord. La forêt domaniale de Fontainebleau en compte trois, « à côté du parking de la Grande Vallée (Bourron-Marlotte), à côté de l’Hippodrome de la Solle et sur le site de la Faisanderie », d’une capacité qui « n’excède pas vingt tentes ». Hors de ces zones, l’ONF précise que « le camping sauvage sous toutes ses formes reste interdit en forêt ».

Les abords de refuges gardés, ensuite. En Vanoise, le bivouac en cœur de parc n’est possible qu’à proximité immédiate de certains refuges, et l’emplacement se réserve auprès du gardien. Vous dormez dehors, mais l’eau et les toilettes sont à cinquante mètres, et quelqu’un sait que vous êtes là.

Un terrain privé, enfin, avec l’accord du propriétaire. C’est la solution la plus simple pour une première, et la plus discrète.

Le minimum réel à emporter

Une nuit d’été en moyenne montagne demande moins de choses qu’on ne le croit. Ce tableau donne les ordres de grandeur d’un équipement de base, sans recherche de légèreté.

Poste Poids indicatif Remarque
Abri (tente ou tarp) 1 200 à 2 200 g Une tente d’entrée de gamme suffit pour commencer
Sac de couchage 800 à 1 400 g Prenez une marge de 5 °C sur la température prévue
Matelas 350 à 700 g Le poste qui fait le plus pour ne pas avoir froid
Eau 2 000 à 3 000 g 2 à 3 litres si vous ne trouvez pas de source
Réchaud, popote, gaz 350 à 600 g Facultatif pour une seule nuit
Frontale, couteau, trousse 300 g Frontale indispensable, pas le téléphone
Vêtements chauds et pluie 600 à 1 000 g Doudoune légère et veste imperméable

Comptez 7 à 10 kilos sur le dos, eau comprise. La liste complète, poste par poste, figure dans le guide liste de matériel pour un bivouac. Si vous partez de zéro côté abri, le guide choisir une tente de bivouac explique ce qui se paie et ce qui ne sert à rien.

La veille et le jour J

Regardez la météo la veille au soir et le matin même : un orage annoncé en altitude ou une vigilance orange pour fortes pluies suffit à décaler la sortie. Prévenez quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure de retour. Chargez le sac la veille, et pesez-le : c’est le seul moyen de constater ce que vous emportez pour rien.

Sur le terrain, marchez normalement et commencez à repérer un emplacement une heure avant le coucher du soleil, sans vous installer tout de suite. Montez la tente tard, mangez, et couchez-vous plus tôt que d’habitude. Les critères de choix du terrain, pente, vent, eau, troupeaux, sont détaillés dans choisir son emplacement de bivouac.

Le matin et ce qu’on laisse derrière soi

Levez-vous tôt, essuyez la condensation, pliez, et faites le tour de l’emplacement avant de partir. L’herbe doit se relever, il ne doit rester ni sardine, ni papier, ni cendre. Tous les gestionnaires disent la même chose : le Parc national de la Vanoise demande de « redescendre vos déchets en vallée », le Parc national des Écrins impose de rejeter les eaux de vaisselle et de toilette « à plus de 50 mètres des lacs, cours d’eau et zones humides ».

Le bivouac reste possible parce qu’il reste invisible. C’est la seule chose à retenir de ce premier guide, avec le fait qu’une nuit dehors vaut très largement la fatigue du lendemain. Pour la suite, la rubrique bivouaquer regroupe la réglementation, l’emplacement et les nuits difficiles.

Sources

Les poids du tableau sont des ordres de grandeur issus de fiches fabricants et de retours d’utilisateurs recoupés. Les règles citées peuvent changer : vérifiez auprès de la mairie, du parc ou du gestionnaire du site avant de partir.

Questions fréquentes

Quelle différence entre bivouac et camping sauvage ?
Le bivouac est un campement léger d'une nuit, monté le soir et démonté le matin. Le camping implique de s'installer et de rester. Les parcs nationaux, qui interdisent le camping en cœur de parc, autorisent le bivouac sous conditions d'horaires et de distance.
Le bivouac est-il légal en France ?
Il n'existe pas d'autorisation générale. Le camping isolé est libre hors de l'emprise des routes et voies publiques, avec l'accord de celui qui a la jouissance du sol, mais il est interdit dans plusieurs situations et peut l'être par arrêté du maire. Il faut vérifier commune par commune.
Quel budget pour un premier bivouac ?
Vous pouvez partir avec une tente d'entrée de gamme, un matelas mousse et un sac de couchage emprunté. L'investissement se fait ensuite, poste par poste, une fois que vous savez ce qui vous gêne.
A-t-on froid la première nuit ?
Souvent, oui, et rarement à cause du sac de couchage : c'est le matelas qui laisse passer le froid du sol. Un matelas avec une R-value adaptée à la saison change tout, bien plus qu'un duvet plus chaud.

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